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| Crise irakienne : une
délégation dEglises américaines à Paris en « Prière visible pour la
paix » Report in English from the National Council of Churches Une délégation du Conseil national des Eglises des Etats-Unis (NCC), qui représentent 36 Eglises protestantes et orthodoxes américaines soit 50 millions de membres, était à Paris, les 10 et 11 février. Un représentant de lEglise catholique romaine, 64 millions de fidèles aux USA, faisait partie de la délégation. Leur visite avait trois objectifs : apporter un message de solidarité aux Eglises en France qui ont manifesté depuis plusieurs mois leur opposition à la guerre en Irak ; prier avec les chrétiens en France et rencontrer le gouvernement français. Le Conseil national des Eglises des Etats-Unis organise actuellement des visites dans des capitales européennes dans le but de promouvoir des solutions pacifiques à la crise irakienne. La première délégation sétait rendue à Berlin, le 5 février, où elle avait rejoint des représentants dEglises dEurope. Dans une déclaration commune, ils avaient exprimé leur opposition à la guerre en Irak. Le chancelier Gerhard Schröder les avait reçus. A Paris, la délégation était chaperonnée par la Fédération protestante de France, qui a organisé en moins de trois jours - dont un week-end - un programme comportant une rencontre avec la presse, une soirée de prière pour la paix dans une grande Eglise parisienne et une rencontre au Quai dOrsay (Ministère des Affaires étrangères). Les journalistes ont été impressionnés par le discours net et direct des représentants des Eglises américaines. « Nous sommes ici pour que vous sachiez que beaucoup dAméricains sont contre les positions du président G.W. Bush. 200.000 personnes ont défilé dans les rue de Washington en octobre dernier, parmi lesquels beaucoup de chrétiens » a affirmé Thomas Jeavons, secrétaire général de la Société des amis (quakers). « Cette guerre serait non seulement une faute morale mais aussi une folie. » Le révérend Livingston, presbytérien, a déclaré que le « Ce ne serait pas Saddam Hussein la première victime de la guerre, mais le peuple irakien ». John Briscoe, qui soccupe des appels de fonds du NCC, a présenté une page de publicité du NCC parue dans le New-York Times qui sadressait au président Bush : « Jésus a changé votre cur. Maintenant, laissez-le vous faire changer davis. » « Malheureusement, il est plus proches des Eglises fondamentalistes qui ne sont pas membres du NCC » reconnaît-il. Le Révérend Weiss, ancien secrétaire général des Eglises baptistes américaines a souligné que « les Américains ont peur depuis le 11 septembre, car cest la première fois quon les a envahis, mais que de lautre côté les irakiens ont aussi peur . » Le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, a souligné « quatre points communs » dans les prises de position des Eglises contre la guerre : rejet de la notion de « guerre préventive », appel au respect de la charte des Nations-unies et priorité donnée à la diplomatie, solidarité avec la population irakienne, refus d'une vision « caricaturale » du bien et du mal. Le lundi soir, en lEglise de La Madeleine près de lAmbassade américaine, 500 personnes se sont retrouvées dans une prière cuménique pour la paix en Irak à linvitation du Conseil dEglises chrétiennes en France, composé des Eglises catholique, orthodoxe et protestantes. Devant les parisiens, la délégation a dit sa solidarité avec les chrétiens en France qui depuis le mois doctobre multiplient les messages dappel à la paix et a redit que « Jésus-Christ, notre Prince de Paix ne soutiendrait pas une telle guerre ». Des applaudissements ont alors éclaté. Du jamais vu dans une Eglise catholique ! Avant leur départ de France, le Rev. Daniel Weiss des Eglises baptistes américaines, le Rev. Michael Livingston, présbytérien, Thomas Jeavons, quaker, le père Stanley De Boe, des Pères trinitaires (catholique), John Briscoe, du conseil national des Eglises des Etats-Unis, accompagnée du pasteur Jean-Arnold de Clermont de la Fédération protestante de France et de Rüdiger Noll, Secrétaire général adjoint de la Conférence des Eglises européennes (KEK) ont rencontré le Secrétaire général du Quai dOrsay, M. Hubert Colin de Verdière, pendant plus de ¾ dheure. Ils ont pu dire leur « respect pour la position ferme du gouvernement français » et leur « soutien dans sa démarche pour la paix ». Ils tenaient à lui faire savoir que tous les Américains ne sont pas derrière le président Bush. Hubert Colin de Verdière a expliqué la position française, en deux points. Dune part, la France veut soutenir le rôle des Nations-Unies, car on garde un mauvais souvenir en Europe de léchec de la SDN au siècle précédent, et puis dans la perspective dune Europe à 25, lEurope doit être une force de paix. Dautres visites dautres délégations du NCC sont déjà planifiées : à Londres (17-19 février), Rome (25-28 février) puis Madrid et Moscou. A Paris, le 15 février une grand manifestation contre la guerre est prévue. LACAT, association des chrétiens pour labolition de la torture et contre la peine de mort, y a donné rendez-vous aux chrétiens sous sa bannière. (Myriam Delarbre/BIP) -end- |